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Dénomination de la nouvelle circonscription de Verchères

«MALHEUREUSEMENT, LE NOM MARGUERITE-D’YOUVILLE DISPARAÎTRA DU PAYSAGE POLITIQUE QUÉBÉCOIS…DU MOINS POUR UN TEMPS!»

 

- STÉPHANE BERGERON

 

CIRCONSCRIPTION DE VERCHÈRES, le 21 décembre 2011 – La fin de la session parlementaire, le 9 décembre dernier, a sonné le glas des espoirs de modification du nom de la nouvelle circonscription de Verchères pour y accoler celui de Marguerite-d’Youville, qui disparaîtra momentanément du paysage politique québécois, à compter du prochain scrutin.  Le député de Verchères, monsieur Stéphane Bergeron, a fait parvenir au président de la Commission de la représentation électorale, monsieur Jacques Drouin, une lettre exprimant sa grande déception et dont voici le contenu:

 

«Je prends acte du fait que, malgré mes interventions en ce sens devant la Commission de l’Assemblée nationale et au Salon bleu, de même que celles des autorités et entités locales, vos collègues et vous avez choisi de ne pas déroger à votre décision de ne pas permettre d’accoler au nom historique de Verchères celui de Marguerite-d’Youville, la première et seule sainte née en terre québécoise, qui est donc irrémédiablement condamné à disparaître de notre carte électorale. 

 

En cette période de Noël, alors que ressurgit le déchirant débat sur les accommodements raisonnables, qui nous amène, bien malgré nous, à devoir défendre notre héritage sociologique, historique et religieux, de même que les traditions qui en découlent, cette décision me semble envoyer un message bien équivoque.  Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’en suis profondément désolé, mais pas tant que la communauté qui devra assumer les suites de cette malencontreuse décision, qui s’apparente à de l’entêtement.

 

En effet, la Commission de toponymie, d’après ce que j’en sais, n’exprimait pas un avis défavorable, à l’égard de la proposition d’accoler au nom historique de Verchères celui de Marguerite-d’Youville, mais bien que des réserves, notamment liées au risque de confusion pouvant découler d’un tel changement de dénomination.  Or, la municipalité de Verchères a bien exprimé le fait que c’est la situation actuelle qui, selon elle, est source de confusion.  Ultimement, la Commission de la représentation électorale aurait pu passer outre cet avis.  Elle a opiniâtrement choisi de ne pas le faire…

 

Il appert que l’appariement, dans un même nom de circonscription, des figures historiques de Madeleine de Verchères et de Marguerite d’Youville, deux femmes ayant marqué l’histoire de la Nouvelle-France et du Québec, ne soit pas approprié.  Qu’est-ce qui, selon la même logique, justifie qu’on ait précédemment décidé de jumeler, dans un même nom de circonscription, deux figures historiques aussi dissemblables l’une de l’autre que Jeanne Mance et Denis-Benjamin Viger?

 

Au début des années quatre-vingt-dix, la Commission de la représentation s’apprêtait à faire disparaître le nom de (Jean-Jacques) Bertrand de la carte électorale québécoise, au moment où elle y introduisait justement celui de Marguerite d’Youville.  Les parlementaires, dans le cadre du débat de cinq heures, ont fait valoir que la disparition du nom d’un ancien premier ministre était tout simplement inconcevable et ont laissé entendre que si la décision de la Commission de la représentation électorale devait être maintenue, un projet de loi serait déposé, afin de corriger la situation et de rendre justice à l’apport inestimable de cet ancien premier ministre.

 

La Commission de la représentation électorale s’était alors ravisée et avait décidé d’attribuer le nom de Bertrand à la nouvelle circonscription créée dans les Laurentides, qui devait initialement porter le nom de Grignon.

 

Cette fois, la Commission de la représentation électorale a choisi de ne pas tenir compte des représentations faites non seulement lors du débat restreint à l’Assemblée nationale, mais, un an plus tôt, lors des audiences devant la Commission de l’Assemblée nationale.  Pourtant, l’apport de Marguerite-d’Youville n’est pas moins important que celui de Jean-François Bertrand.  Peut-être aurais-je dû, dès ce moment, laisser planer la perspective du dépôt d’un projet de loi…  Je m’en suis plutôt remis à votre jugement, d’autant qu’une discussion informelle laissait entendre qu’il ne s’agissait, somme toute, que d’une formalité.  Mal m’en pris…

 

Je suis donc arrivé, après-coup, et à l’instigation de différentes autorités et entités locales, avec le projet de loi 497, Loi modifiant le nom de la circonscription électorale de Verchères.  Le gouvernement aurait été disposé à appeler ce projet de loi si vous vous étiez le moindrement montrés réceptifs à son adoption.  Or, tel ne fut pas le cas.  Les travaux de l’Assemblée nationale ont donc été ajournés, le 9 décembre dernier, sans que ce projet de loi soit même appelé.  Comme la Chambre reprendra ses travaux le 14 février prochain et que la nouvelle carte électorale doit être effective à compter du 21 janvier, il serait d’autant plus étonnant que le gouvernement veuille intervenir de façon rétroactive.  Par conséquent, le nom de la circonscription de Verchères devrait vraisemblablement demeurer inchangé et celui de Marguerite-d’Youville disparaître… du moins jusqu’à la prochaine révision de la carte électorale.

 

Cette fois, l’Assemblée nationale a choisi de respecter l’autorité, les responsabilités et pouvoirs dévolus à la Commission de la représentation électorale en matière de délimitation et de dénomination des circonscriptions électorales québécoises.  Cela dit, la Commission ne doit jamais oublier qu’elle détient son autorité, ses responsabilités et pouvoirs par la seule volonté de l’Assemblée nationale et que celle-ci peut ultimement, comme elle l’a fait récemment, y surseoir, les modifier ou même les abolir.

 

La Commission de la représentation électorale a été créée afin d’éviter que les politiciens modifient la carte électorale à leur propre avantage.  La Commission semble avoir perdu de vue, dans le cas qui nous intéresse, que la demande n’était à l’avantage que de la communauté concernée…

 

En vous souhaitant un très joyeux Noël et une bonne année 2012, je vous prie d’agréer, monsieur Drouin, l’expression de mes sentiments distingués.»

 

 

 
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