Stéphane Bergeron, Député de Verchères

Gaz de schiste

«IL EST ENCORE TEMPS D'ÉVITER DE COMMETTRE L'IRRÉPARABLE»

- STÉPHANE BERGERON

CIRCONSCRIPTION DE VERCHÈRES, le 3 septembre 2010 - Le député de Verchères, monsieur Stéphane Bergeron, endosse sans réserve la position rendue publique, le 2 septembre dernier, par la chef de l'opposition officielle, madame Pauline Marois, au terme du caucus de la rentrée des députés du Parti Québécois, à l'effet de décréter un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste jusqu'à l'adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et la conclusion des travaux d'un véritable BAPE générique sur l'opportunité de procéder à l'extraction de cette ressource.

«Avec la complicité complaisante du gouvernement libéral, qui navigue à vue dans ce dossier, l'industrie s'est comportée de façon cavalière jusqu'ici avec les populations et autorités locales concernées.  Les entreprises n'ont pas été en mesure de répondre convenablement aux préoccupations légitimes des gens qui auraient à vivre au quotidien avec les infrastructures et les possibles conséquences découlant de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste.  Il s'agit d'un procédé relativement récent d'extraction de ces gaz non conventionnels, dont nous ne connaissons pas encore très bien les impacts sur la santé et l'environnement.  En fait, le peu que nous connaissions ne se révèle guère rassurant...», de déclarer monsieur Bergeron.

«Le gouvernement, a-t-il poursuivi, a simplement voulu faire baisser la pression en décrétant un BAPE, car on réalise que le mandat qui lui a été confié a une portée très limitée, qui ne couvrira que trois régions et ne vise qu'à définir les meilleures conditions d'exploitation.  Qui plus est, les opérations en cours pourront se poursuivre pendant l’étude environnementale.  Il serait donc impossible, par la suite, de remettre la pâte à dents dans le tube!  On assume donc d'emblée qu’on procédera bel et bien à l’extraction de ces gaz, peu importe les impacts sur la santé, l'environnement et le territoire agricole.  Le préjugé favorable du gouvernement Charest à l’égard de l’industrie gazière crève les yeux, d’autant qu’on prend conscience, ces jours-ci, de l’existence d’une relation pour le moins incestueuse entre les deux.  Pour plusieurs, Nathalie Normandeau apparaît déjà comme la version québécoise de Sarah Palin, qui affirmait sans ambages: “drill baby drill”!»

«Avant de creuser, nous devons connaître tous les impacts réels de l’extraction de ces gaz et savoir si le Québec a vraiment besoin de ceux-ci pour répondre à ses besoins énergétiques et mener à bien ses objectifs environnementaux.  Pour ce faire, nous avons besoin d’un moratoire complet, d’un véritable BAPE générique et d’un large débat public sur notre avenir énergétique.  Si la Loi sur le développement durable, qui a été adoptée unanimement par l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale et qui prévoit notamment la prise en compte de l’acceptabilité sociale et du principe de précaution, ne constitue pas qu’un simple colifichet destiné à se donner bonne conscience, le gouvernement a le devoir de revenir à la raison et d’éviter de commettre l’irréparable», de conclure Stéphane Bergeron.

Signalons que c'est la Mission du Parti Québécois sur le développement régional et l'environnement, jusqu’ici dirigée par le député de Verchères, qui a développé, ces dernières semaines, la position finalement adoptée par l'ensemble de l'aile parlementaire du Parti Québécois.  Pour ce faire, les membres de la Mission, auxquels se sont ajoutés tous les députés intéressés et concernés par cette problématique, ont d'abord rencontré des promoteurs et des opposants à l'exploitation des gaz de schiste, afin d'entendre les arguments défendus par les uns et les autres.  En consultant la littérature existante et en examinant ce qui se passait dans d’autres juridictions, ils ont poursuivi leur familiarisation avec les tenants et aboutissants du processus d’extraction de ces gaz non conventionnels, qu’ils ont finalement considéré dans le contexte québécois.  La position rendue publique au terme du caucus national des députés de l’opposition officielle, le 2 septembre dernier, constitue donc le fruit d’une réflexion sérieuse et documentée.