«POUDRE AUX YEUX, PRESTIDIGITATION, SAUPOUDRAGE ET… DÉFICIT!»
- STÉPHANE BERGERON
QUÉBEC, le 18 mars 2008 – Le député de Verchères et chef de la mission famille du Parti Québécois, monsieur Stéphane Bergeron, juge extrêmement décevant le budget présenté par la ministre des Finances du Québec et estime particulièrement insuffisants les investissements annoncés pour la famille.
«On annonce 59 millions de dollars de plus pour la famille… dont 40 millions par le biais de la Fondation Lucie et André Chagnon! L’investissement du gouvernement pour la famille est donc on ne peut plus modeste. La ministre des Finances annonce la création de 20 000 nouvelles places en services de garde sur cinq ans, à raison de 4 500 places cette année. Or, c’est un financement de seulement 11 millions de dollars qui est prévu à cet effet pour la première année. À ce rythme, il y a lieu de craindre que le gouvernement poursuive la stratégie des petits pas à laquelle il nous avait jusqu’ici habitués en matière de création de places en service de garde», s’est inquiété le député de Verchères, qui réclame, depuis des mois, la présentation du plan de développement des nouvelles places en garderies.
«Cette annonce pour la famille, a-t-il poursuivi, est à l’image du budget dans son ensemble. La ministre a annoncé une foule d’investissements sur cinq ans, y allant de déboursés modestes pour la première année et reportant la part du lion sur les années subséquentes. Or, la ministre parvient à peine à boucler son budget pour cette année, en dilapidant sa réserve non récurrente de 1.8 million de dollars. Comment réussira-t-elle à financer ces investissements annoncés pour les années à venir, alors qu’elle ne pourra plus compter sur la moindre réserve et que la conjoncture économique fait pressentir de plus faibles revenus pour le gouvernement? On distribue des miettes cette année et on fait miroiter des sommes dont on ne disposera pas pour les prochaines années. C’est un mirage. Le réveil risque d’être très brutal…»
«Il s’agit d’un budget à courte vue, qui bouleverse l’équilibre des finances publiques, hypothèque la marge de manœuvre du gouvernement et laisse présager des hausses de tarifs, notamment de la part d’Hydro-Québec. Le gouvernement financera en effet une partie de ses dépenses en exigeant que 75% des bénéfices d’Hydro-Québec lui soient versés sous forme de redevances. Jusqu’à présent, c’est 50% des bénéfices de la société d’État qui devaient être versés au gouvernement. C’est donc dire qu’Hydro-Québec disposera seulement du quart de ses profits pour procéder à des investissements ou des immobilisations, ce qui l’obligera vraisemblablement à emprunter pour combler le manque à gagner. Un tel endettement d’Hydro-Québec justifierait la hausse de ses tarifs», de dénoncer monsieur Bergeron.
Le Parti Québécois, bien qu’il salue l’abolition immédiate de la taxe sur le capital pour les entreprises manufacturières, souligne que l’ensemble de la fiscalité des entreprises aurait dû être révisée. «Pour les entreprises du Québec, qui font face à un manque à gagner de l’ordre de 6 milliards de dollars, en raison de la hausse du dollar canadien, l’aide additionnelle du gouvernement Charest, dans le présent budget, se chiffre à seulement 104 millions de dollars. Ce n’est certes pas la panacée pour relancer notre économie», de constater Stéphane Bergeron, qui remarque que rien n’a été spécifiquement prévu pour le secteur pétrochimique, sérieusement affecté par la conjoncture actuelle.
Par ailleurs, le député de Verchères s’étonne que les suites au rapport Pronovost, sur l’avenir de l’agriculture au Québec, se traduise, pour le gouvernement, par une baisse significative de l’ordre de 15 millions de dollars des dépenses de programmes du ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation (MAPAQ). «Le gouvernement a décidé d’acquitter la facture de la consultation en récupérant le montant à même le budget du MAPAQ! Compte tenu de la période difficile que traverse le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, particulièrement nos producteurs de pommes de terre de Saint-Amable, on se serait attendu à autre chose qu’à une baisse de budget», s’est indigné monsieur Bergeron, qui dit avoir très hâte de voir comment, avec si peu de ressources, se traduira concrètement l’intention du gouvernement de mieux soutenir la relève agricole.
Stéphane Bergeron trouve en outre pour le moins paradoxal l’énoncé d’intention du gouvernement libéral, qui, d’un côté, dit vouloir renforcer et promouvoir la langue française, et, de l’autre, ne consent qu’une hausse symbolique du budget de l’Office québécois de la langue française, soit 20 000$. «C’est l’évidence même que, dans ces conditions, l’Office ne pourra assumer correctement son mandat. Il semble que ce soit exactement ce que souhaite le gouvernement», de déplorer le député de Verchères.
Toujours dans une perspective de communications, monsieur Bergeron s’est dit préoccupé des modalités d’application du programme Communautés rurales branchées. «J’ai bien l’intention de suivre attentivement la mise en place et le déploiement de ce programme. J’ose espérer qu’il permettra aux secteurs et communautés de notre circonscription qui n’ont pas encore accès à Internet haute vitesse puissent finalement être branchés», a ajouté Stéphane Bergeron.
«Depuis plusieurs années, nous réclamons du gouvernement Charest qu’il mette de l’avant une stratégie économique globale et structurée pour le Québec. Force est de constater que les décisions antérieures du gouvernement Charest ont placé le Québec dans une situation tellement précaire, qu’il doit aujourd’hui envisager le retour aux déficits budgétaires. Alors qu’il aurait grand besoin d’une marge de manœuvre financière, l’État du Québec se trouve paralysé au pire moment», a conclu le député de Verchères.
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